Un monde en transition

Face aux défis environnementaux et aux blocages économiques et sociaux, envisager autrement le développement des territoires et des organisations humaines n’est plus une option parmi d’autre mais la principale condition d’un avenir vivable.

Du développement durable à la transition écologique

L’approche du développement durable a représenté la promesse d’un renouvellement des pratiques économiques et politique, en affirmant notamment les principes de responsabilité, de participation, de solidarité, de précaution et de diversité. Parfois détournée et réduite à une pratique d’ajustement à la marge, cette approche peut aujourd’hui être renouvelée dans une conception dynamique, intégrant la complexité des interactions de l’économique et du vivant, celle de la transition écologique. L’adjectif « écologique » est ici un raccourci, incluant les dimensions économique, sociales et culturelle. La transition actuelle est globale, ce que traduit l’expression Great Transition utilisée par des auteurs anglosaxons, comme Tim Jackson et Peter Victor.

En effet, si les défis actuels sont globaux et multidimensionnels (dégradation de l’environnement, dérèglement climatique, montée des inégalités et de la concentration des richesses, conflits géopolitiques), les réponses sont à la fois ancrés dans leurs expressions et globales dans leur potentiel, par leurs effets de démonstration et de levier. Les politiques actuelles restent souvent cloisonnées et sectoriels, mais l’intelligence du vivant s’exprime par les initiatives qui émergent au niveau des communautés d’acteurs, des communautés locales ou de valeurs.

Panorama des initiatives de transition

Les initiatives de transition sont multiples. Ce qui les caractérise est leur capacité à répondre à des besoins ou des contextes concrets, tout en changeant les règles du jeu à un niveau quelconque, vers plus de résilience et de coopération. Certaines de ces initiatives sont dirigées vers l’optimisation des flux de matière et d’énergie, comme l’économie circulaire et l’écologie industrielle, ou encore l’économie de la fonctionnalité.  Elles partent d’un souci technique d’économie, mais génère généralement ce faisant de la collaboration entre les acteurs économiques. D’autres reposent sur l’établissement de liens de solidarité à la fois économiques et sociaux, comme les filières courtes (AMAPs par exemple), et différentes initiatives de l’économie sociale et solidaire. D’autres encore posent d’emblée de nouveaux principes, basés sur les communs, comme les création en opensource ou les tiers-lieux où se partage les savoirs et savoir-faire. Enfin, certains mouvements visent à la mobilisation des citoyens autour d’une thématique (comme les Incroyables Comestibles) ou de toutes les thématiques, comme les Villes et Territoires en Transition.

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Partout dans le monde, des citoyens et des organisations répondent à l’ampleur de ces enjeux en exprimant leurs capacités d’innovation et de coopération. Ce mouvement d’ensemble dessine le chemin d’une transition à la fois écologique, sociale, économique, technique et culturelle pour nos sociétés. Ces initiatives convergent vers des valeurs communes, notamment : la collaboration, la solidarité, les communs… Elles ont pour effet de renforcer la résilience des territoires et des acteurs eux-mêmes, mais aussi de dessiner de nouvelles trajectoires de développement et de bien-être pour les territoires et les communautés humaines.

Territoires et filières économiques : deux approches complémentaires

S’inscrire dans ce mouvement de long terme sans sacrifier les équilibres du présent est le principal défi auquel est confronté l’ensemble des acteurs de la société et de l’économie. L’action au niveau territorial permet de renforcer les solidarités locales, et de construire la résilience des communautés locales face aux chocs économiques et sociaux déjà présents et aux chocs climatiques et environnementaux présents ou perceptibles. Pour faire face aux risques de rupture sur les plans énergétiques ou alimentaires, par exemple, il ne s’agit nullement de s’orienter vers l’autarcie, mais plutôt de prendre conscience de l’étendue des ressources locales, souvent méconnues, latentes, ou peu reliées. L’approche par filières économiques permet, elle, de développer des liens concrets à une échelle plus large (région, pays, monde), basés sur la valorisation des potentiels locaux.


 

Mieux comprendre les enjeux de la transition écologique :

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