Économie et Biosphère : penser la transition

Nous l’avons oublié : les termes « économie » et « écologie » ont la même racine grecque : il s’agit respectivement de la gestion et de la science de l’oikos, la maisonnée. 

L’économique et le vivant

Pourtant, la grande majorité des décideurs politiques, économiques et médias sont focalisés sur des objectifs partiels et de court terme. Leurs tableaux de bord reflètent cette distorsion amenée par la fragmentation et l’accélération de nos économies : croissance du PIB et des indices boursiers sont des objectifs contre-productifs.

Suivant notre analyse, qui s’appuie sur plusieurs courants économiques hétérodoxes, les blocages de l’économie actuelle sont dues à deux principaux facteurs : le découplage des logiques économiques avec la logique du vivant, qui pourtant la conditionne (cf. L’économique et le vivant, de René Passet, 1979), et la centralisation du pouvoir dans les filières et les économies locales. Ces deux facteurs sont liés à l’autre, car le modèle du vivant est décentralisée.

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S’appuyant sur le courant de l’économie écologique, la communauté internationale a engagé depuis le début de ce siècle un travail d’études sur les services rendus par les écosystèmes aux humains. L’Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire permet de prendre conscience de la dépendance étroite de l’économie humaine aux systèmes naturels de notre planète, écosystèmes et grands cycles géobiologiques.

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Plus récemment et sur un plan plus général, Johan Rockström a proposé un cadre d’analyse des limites planétaires (traduction de l’expression Planetary Boundaries). Le Stockholm Resilience Centre poursuit ainsi ses recherches sur l’intégration des limites environnementales à l’activité économique et à l’action politique.

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De l’économie à l’oikonomie

« Celui qui croit en une croissance indéfinie de quelque paramètre physique que ce soit peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou ou un économiste. » écrivait Kenneth Boulding, économiste américain.

Pour sortir des impasses actuelles, l’étymologie commune de l’économie et de l’écologie nous indique la voie du bon sens et de la sagesse. Ce que Pierre Calame appelle l’oikonomie, comprend plusieurs dimensions méconnues des économistes conventionnels :

  • Sur le plan écologique, l’économie devrait prendre en compte les échanges des humains avec les écosystèmes. Ces échanges sont trop souvent unilatérales (l’activité économique leur prend plus qu’elle ne leur rend), mais ils peuvent maintenant être évalués, et rééquilibrés, dans une approche de transition écologique.
  • Sur le plan humain, l’économie s’étend au-delà de la sphère des échanges monétaires, pour inclure la production et les échanges de services, qu’ils soient comptabilisés ou non.

Des pistes d’action concrètes

Réconcilier l’économie et la biosphère, l’enjeu est facile à résumé, mais complexe à mettre en œuvre. Parmi les approches que nous vous proposons :

  • L’évaluation de l’interdépendance de votre activité avec celle des écosystèmes, pour guider vos actions, et le cas échéant l’intégration d’approches économiques innovantes, de transition.
  • Une sensibilisation et des formations sur les approches économiques « bio-inspirées » : économie sociale et solidaire (et au niveau international commerce équitable), économie circulaire, économie de la fonctionnalité et économie collaborative.

Mieux comprendre les enjeux des écosystèmes et de la biodiversité :