Nos actions en 2016 et nos perspectives en 2017

Nos actions en 2016

Renforcement des capacités commerciales en Afrique sub-saharienne

En 2016, nos actions se sont largement concentrées sur le renforcement des capacités commerciales des filières agricoles en Afrique subsaharienne, de l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique Orientale.

Burundi

En 2016, nous avons effectué deux missions au Burundi, petit pays francophone de 11 millions d’habitants enclavé au cœur des grands lacs d’Afrique de l’Est, l’un des pays les plus pauvres du monde. De population majoritairement rurale, celle-ci tire sa subsistance de la culture de produits vivriers (manioc, riz, banane, maïs), et 90% de ses devises de la production de café et du thé. Le café du Burundi a une qualité désormais reconnue sur le plan international, mais les efforts pour le valoriser sont insuffisants. Avec l’ONUDI, nous avons mené à terme en avril un programme visant à préparer les coopératives de producteurs à la certification biologique et/ou équitable. Une dizaine de coopératives ont pu bénéficié de ce programme, avec des progrès notables pour leurs activités.
Lire notre article sur le sujet sur notre blog, et celui écrit dans la revue Pour « La bio à la croisée des chemins », N°26, fév. 2016).
En octobre 2016, nous avons remporté un appel d’offres de la Coopération Technique Belge pour l’identification des marchés pour les filières riz, maïs et banane au Burundi, avec la participation de la Tero, un bureau d’études en SCIC. Nous avons réalisé cette étude en novembre et décembre 2016. C’était l’occasion de contribuer à une stratégie plus efficace pour le développement de filières alimentaires, dans une situation de repli et de crise économique.

Ghana

En septembre, nous avons effectué une mission d’identification des potentialités pour le développement de l’agriculture biologique au Ghana, principalement sur les filières cacao, mangue et ananas. Cette étude a révélé que les principaux efforts en termes d’agriculture biologique étaient ceux d’agriculteurs individuels, maraichers ou spécialisés, et d’entrepreneurs avec une conscience environnementale et appliquant des mesures de bon sens, comme l’utilisation d’extrait de neem, qui éloigne efficacement les insectes des manguiers et des cacaoyères, plutôt que l’aspersion de pesticides. Le Ministère de l’Agriculture met encore peu de moyens à disposition de l’agriculture biologique, mais la cellule qui en est chargée fait preuve d’une forte motivation, et d’une inscription dans le tissu social des agriculteurs.

Économie circulaire et recyclage
Nous avons commencé une mission portant sur l’appui d’une jeune entreprise ambitionnant de devenir leader du recyclage de la fibre de carbone en France. C’est un matériau moderne, aux propriétés très attractives, notamment pour les articles de sport (solidité et légèreté), mais aucune structure de recyclage n’a encore été mise en place pour traiter les objets à réparer ou à recycler.

Nous accompagnons avec un partenaire cette entreprise pour l’organisation de son activité de recyclage et de valorisation des produits en fibre de carbone.

Nous sommes formés et certifiés en Permaculture !

En juin 2016, nous avons franchi une étape que nous envisagions depuis environ deux ans : nous avons suivi et complété un Cours Certifié de Permaculture. Ce cursus de 72 heures alliant théorie et pratique, ici réalisé en 12 jours, permet de maîtriser les concepts et les différents aspects de la conception (design) en permaculture. Nous l’avons suivi dans le cadre très agréable de MadOnArt près de Puygaillard de Quercy, avec les formateurs expérimentés Jean Irubetagoyena et Hervé Coves, notamment.

Cette formation a été aussi l’occasion de rencontres humaines passionnantes, avec les formateurs, mais aussi avec des porteurs de projets et de lieux en émergence, en France et au Portugal. Une mention particulière pour Alain et son fils Camille, pionniers dans l’application de la permaculture à la viticulture, qui ont joint pour nous l’agréable à l’utile !

Cette formation nous permet de vous proposer nos services de design et de formation en permaculture.

… en 2017, la transition au naturel !

Nos projets en 2017
Dans les prochains mois, nous mettrons l’accent sur des collaborations dans trois domaines importants pour la coopération internationale et la transition écologique et sociale :

L’alimentation et la santé, par la valorisation des ressources végétales qui y contribuent. Au cours des dernières décennies, et même des derniers siècles, nos sociétés se sont éloignées des solutions les moins coûteuses et les plus « naturelles » pour préserver la santé et l’équilibre humains. Notre nourriture est de plus en plus industrielle, avec des effets massifs et délétères sur la santé humaine (diabète, maladies dégénératives, etc.). Notre système de santé est efficace pour traiter certains symptômes physiques (pas tous) mais passablement inefficace pour maintenir la santé. Ces effets contre-productifs sont visibles y compris dans les pays en développement, qui sont souvent des terrains d’expérimentation pour les multinationales des secteurs des semences, de l’alimentation et de la pharmacie, parfois sous couvert d’aide humanitaire. Nous prolongerons donc notre travail pour la durabilité et l’équité des filières agricoles en mettant plus spécifiquement l’accent sur ces enjeux et les secteurs associés de plantes aromatiques et médicinales.

Plantes aromatiques et médicinales. De nombreuses plantes tropicales ont une utilité prouvée pour la nutrition et contre des maladies graves. En 2016, nous avons établi des contacts avec des professionnels développant des filières de produits agricoles d’origine locale au Ghana et au Burundi. L’une d’entre elle permet de combattre efficacement le paludisme, une maladie tropicale qui touche de 200 à 400 millions de personnes de la ceinture inter-tropicale, et cause près d’un demi-million de décès par an. Les traitements proposés par l’industrie pharmaceutique ont souvent d’importants effets secondaires et ne sont efficaces que le temps que le virus s’adapte à la molécule unique qu’ils contiennent souvent. Au contraire, les plantes anti-paludéenne agissent par la conjonction de dizaines voire de centaines de molécules. En 2017, nous aiderons un réseau d’acteurs et de chercheurs à développer cette approche par les plantes dans certains des pays les plus touchés par le paludisme, par nos compétences en animation de communautés de pratiques et de formation en permaculture. Nous aiderons aussi une ONG à développer des filières proposant une alternative économique et environnementale dans des milieux forestiers à préserver.

Une économie symbiotique
Plus généralement, nous continuerons à intervenir dans des programmes combinant la préservation ou la restauration des écosystèmes avec celle des liens sociaux et des savoirs traditionnels. Cette approche transversale nécessite d’intervenir au niveau local, mais aussi de mettre en relation les acteurs. Cette approche, que l’on peut qualifier de symbiotique, découle du bon sens, mais suppose l’écoute et la collaboration d’acteurs d’horizons différents.

Appel à collaboration
Nous nous intéressons particulièrement aux ingrédients à forte valeur ajoutée, comme les plantes aromatiques et médicinales, les épices, les ingrédients cosmétiques, mais aussi le thé, une plante aux saveurs et effets subtils. Si vous avez des besoins ou des contacts sur ces filières, n’hésitez pas à nous contacter. Par ailleurs, nous continuons à appuyer vos projets en économie écologique, sociale et solidaire.

Et pour finir, un peu de lecture…

Nous avons le plaisir de vous présenter deux ouvrages auxquelles nous avons donné un coup de pouce, direct et indirect pour leur sortie fin 2016 : la Danse de Gaïa de Elisabet Sahtouris et Un nouveau droit pour la Terre, de Valérie Cabanes.

La Danse de Gaïa est un formidable outil pédagogique expliquant l’évolution de la conscience depuis le Big Bang jusqu’à l’apparition de l’espèce humaine et l’époque actuelle. Un nouveau droit pour la Terre est un diagnostic quasi-exhaustif, et l’aboutissement de la réflexion d’une juriste internationale engagée contre l’écocide (voir ici pour une explication de ce terme et la campagne associée). Ces deux livres sont indispensables pour comprendre les enjeux du monde actuel. À lire et à offrir, en ce début d’année où le vieux monde tarde à disparaître, et le nouveau monde n’est pas encore perceptible par tous, mais pointe néanmoins.

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